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"Les soldats en groupes serrés descendent vers la ville basse; des enfants sortis des tas d’ordures, leur font des signes obscènes, les soldats rient, bondissent en avant, avec des cris; les enfants reculent, s’avancent de nouveau, ramassent des ordures et les jettent aux pieds des soldats. Un enfant nu se relève d’une cage à lapins défoncée — un homme se cache derrière un eucalyptus — monte sur le tas d’ordures; un soldat le vise, le canon du P.M. descend aux pieds de l’enfant, remonte le long de ses jambes, le soldat y voit couler un peu de sperme mêlé de boue; les soldats s’éloignent, l’homme sort de l’arbre, court vers la cage où l’enfant se couche, les jambes écartées, le visage enfoui dans la litière ancienne, pourrie, excrémentielle, la poitrine creusée au-dessus des clous et des fils de fer, le sexe écrasé sur le grillage…"
Analyse d’Oriane (Plume Sergent major bleue): j’aime cette écriture objective, cinématographique, c’est-à-dire s’en tenant strictement, sèchement aux faits visuels, aux événements sans fioritures ni lyriques ni psychologiques. C’est ainsi que j’ai vécu certaines des campagnes de mon mari car dans l’urgence de l’action, seules les actions importent. Il me semble en effet avoir vécu ce moment-là car, si ce n’est pas exactement celui-là, c’étaient des moments identiques.
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